En Toute Amitié (A
Friend in Deed )
possède diverses spécificités qui en font un épisode très
particulier que l'on ne retrouvera qu'en de rares occasions. Si
d'ailleurs l'on approfondit ses recherches, on notera qu'il y a peu,
sinon aucun autre épisode semblable au déroulement de celui-ci. À
noter tout d'abord à la réalisation, l'acteur Ben Gazzara, ami très
proche de Peter Falk et également proche de l'acteur/réalisateur
John Cassavetes avec lesquels il partagea la vedette de Husbands,
l'un des grands chefs-d’œuvre que réalisa John Cassavetes
lui-même en 1970. Ensuite, et c'est ce qui fait la principale
différence de cet épisode par rapport aux soixante-huit autres, il
n'y a ici pas une victime, mais deux. Ce qui jusqu'à maintenant n'a
rien d'exceptionnel. Par contre, si l'on tient compte du fait que la
première est victime d'un meurtre et la seconde d'un assassinat, En
Toute Amitié
fait toute la différence. Encore faut-il être capable de
différencier l'un de l'autre. Le principe est simple à comprendre :
Le MEURTRE est un acte perpétré sans préméditation quand
l'ASSASSINAT a lui, été mûrement préparé et donc perpétré AVEC
préméditation. C'est ainsi donc que nous seront présentés les
deux homicides. Le premier, involontaire, commis par un certain Hugh
Caldwell sur la personne de sa propre épouse. Un meurtre accidentel.
Quant au second, il sera commis un peu plus tard par le commissaire
de police Mark Halperin qui après avoir couvert les agissements de
son ami en lui procurant un alibi apparemment infaillible se servira
de lui pour se couvrir lui-même de l'assassinat de sa propre
femme...
Intervient
également dans ce huitième et ultime épisode de la troisième
saison, le cambrioleur Artie Jessup (l'acteur Val Avery qui
interprétera pas moins de trois autres personnages dans la série
entre 1971 et 1975), connu par les autorités pour avoir commis
plusieurs cambriolages dans le quartier où sont mortes les épouses
Caldwell et Halperin. Un acharnement dont il sera la victime à son
tour par le commissaire Halperin qui tentera de diriger les soupçons
du lieutenant Columbo vers ce criminel qui n'a pourtant jusqu'ici,
jamais commis de meurtres ! Une tentative qui restera bien
entendu vaine puisque très rapidement, certains éléments de
l'enquête pousseront Columbo à soupçonner et Caldwell, et
Halperin. L'une des autres spécificités de cet épisode demeure
d'ailleurs dans la tentative pour le lieutenant de faire toute la
lumière sur leur supposée culpabilité et surtout sur le rôle que
les deux hommes ont joué dans chacun des deux meurtres. Mais alors
que le commissaire insiste pour que Columbo lui fasse parvenir le
rapport sur les meurtres des deux femmes, notre célèbre lieutenant
de police criminelle de Los Angeles traîne la patte, déjà
convaincu de la culpabilité des deux époux et de l'innocence du
cambrioleur...
Un
cambrioleur dont il se servira d'ailleurs avec son accord afin de
piéger de la plus formidable et jouissive des manières l'arrogant
Mark Halperin. Un commissaire interprété par l'excellent Richard
Kiley. Un être froid, calculateur, radicalement opposé au
personnage qu'incarne l'acteur Michael McGuire qui dans la peau de
Hugh Caldwell est manipulé du début à la fin par celui qui lui
apporta son aide de manière tout à fait calculée en début
d'épisode. Ben Gazzara réalise là, un épisode au moins à la
hauteur des meilleurs de cette saison parmi lesquels Quand
le Vin est Tiré
de Leo Penn et Candidat au Crime
de Boris Sagal. Cet épisode offre des scènes anthologiques dont un
final absolument remarquable. L'attitude du meurtrier... pardon, de
l'assassin est à l'image de ceux qui tentèrent de commettre le
crime parfait et dont la recherche de perfection justement participa
à leur arrestation. (ATTENTION SPOILER !!!) Comment en effet ne
pas être totalement convaincu par cette séquence lors de laquelle
Halperin croit avoir caché les bijoux d'un vol censément avoir été
perpétré chez la première victime dans l'appartement du
cambrioleur Artie Jessup alors que le dit appartement est en réalité
celui que vient de louer le lieutenant Columbo ? Un final
grandiose, imparable, jubilatoire, un formidable scénario de Peter S. Fischer sur la base d'un récit de Ben Gazzara lui-même pour un Columbo affinant sans cesse
une méthode mise à rude épreuve au fil des épisodes.
Remarquable !
Merci pour l'explication entre la qualification de meurtre et celui d'assassinat, un épisode de columbo que je trouve particulièrement réussi tout autant que "quand le vin est tiré " et "Symphonie en noir". Mes favoris. Merci encore pour ce blog !!
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