dimanche 31 mai 2026

Agenda for Murder (Votez pour moi) de Patrick McGoohan (1990) 🚬 🚬

 


 

Dix-sept ans après le génial Candidate for Crime de Boris Sagal à avoir été diffusé pour la toute première fois sur NBC le 4 novembre 1973, Agenda for Murder (Votez pour moi) de Patrick McGoohan est la seconde confrontation directe entre le lieutenant Columbo et le monde politique se déroulant dans un contexte de campagne électorale. Un pari risqué pour celui qui fut très présent dans la série, en tant qu'interprète mais également que réalisateur et scénariste. En effet, si on liste tous ceux auxquels participa devant et derrière la caméra Patrick McGoohan, l'on obtient un total de six épisodes. Entre le crépuscule et l'aube de Harvey Hart en 1974 où il incarne le Colonel Lyle C. Rumford, Jeu d'identité qu'il réalise en 1975 et où il s'offre le rôle de Nelson Brenner, La montre témoin en 1976 et Meutres en musique en 1999 qu'il réalise également mais auxquels il ne participe pas en tant qu'acteur, En grandes pompes en 1998 où il adapte à la télévision le script de Jeffrey Hatcher et enfin, huit ans plus tôt, en 1990, Votez pour moi, donc, qu'il réalise et interprète une fois encore. Cette fois-ci, c'est à Jeffrey Bloom que l'on doit le scénario. Scénariste et réalisateur, il fut tout d'abord à l'origine de celui de Meurtre au champagne en 1991, le première épisode de la onzième saison de Columbo, et reviendra quelques années plus tard en 1995 pour signer celui de Une étrange association de Vincent McEveety, l'unique épisode de la quatorzième saison qui, anecdote intéressante, fut regroupé aux côtés des quatre épisodes suivants sous l'étiquette de ''douzième saison'' lors de sa sortie sur support DVD... Avant dernière confrontation entre Patrick McGoohan et Peter Falk, Votez pour moi met l'habituel antagoniste de la série dans la peau d'Oscar Finch, un brillant avocat en droit pénal qui participe à la campagne électorale pour le poste de vice-président de son ami le sénateur Paul Mackey (interprété à l'écran par Denis Arndt). L'intérêt pour Oscar Finch étant bien entendu en cas de victoire d'accéder au poste de procureur général. Cependant, une ancienne connaissance du nom de Frank Staplin notoirement connu pour escroquerie demande à l'avocat de lui venir en aide alors qu'il risque une peine de cinq ans de prison dans une nouvelle affaire criminelle. Ne voulant absolument pas entacher sa carrière et son avenir, Finch refuse de lui venir en aide. Staplin rappelle alors à l'avocat l'époque où lui et son ami le sénateur Paul Mackey l'avaient pourtant aidé de manière irrégulière à éviter la prison. La menace planant au dessus de sa tête ainsi qu'au dessus de son ami sénateur, Oscar Finch décide de se débarrasser de Staplin en se rendant chez lui pour l'assassiner avant de faire passer le meurtre pour un suicide...


Au regard de la plupart des nombreux épisodes et téléfilms qui constituent la série Columbo, la neuvième saison reste très objectivement l'une des plus faibles d'entre toutes. En effet, on ne peut pas dire que Portrait d'un assassin de James Frawley, Tout finit par se savoir de Daryl Duke, L’Enterrement de Madame Columbo de Vincent McEveety, Couronne mortuaire de Alan J. Levi ou Meurtre en deux temps de Walter Grauman dont les diffusions furent concentrées sur le territoire américain entre le 25 novembre 1989 et le 14 mai 1990 fassent partie du haut du panier. De cette série d'épisodes mi-figue, mi-raisin dont on peut malgré tout extraire quelques qualités, la volonté affichée de moderniser le concept de la série tout en produisant des épisodes parmi ceux qui se détachent un peu trop clairement des habitudes auxquelles nous avaient jusque là habitué réalisateurs et scénaristes, Votez pour moi est en outre ''victime'' d'un scénario si académique que cette histoire ô combien dérisoire et piochant dans tout un tas de cas déjà traités par notre savoureux Columbo termine d'en faire l'un des moins passionnant. D'autant plus que cet petit détail qui fait toute la différence par rapport aux autres séries policières, s'agissant de la méthode employée par Columbo pour faire tomber l'assassin, s'avère ici l'une des plus flemmardes. Ou en tout cas, l'une des moins inspirées... Du côté des anecdotes, et après avoir découvert que Columbo appréciait notamment le bon vin, le chili con carne ou le caviar, voici qu'on le découvre logiquement considérer le Parmigiano Reggiano comme l'un des meilleurs fromage d'Italie au vu de ses origines... Si l'on devait comparer Votez pour moi à d'autres épisodes de la série d'un point de vue strictement scénaristique, certains détails de plus ou moins grande importance le confondent notamment avec Candidat au crime, Entre le crépuscule et l'aube et Attention : le meurtre peut nuire à la santé...

 

mercredi 20 mai 2026

Jeux d'ombres (Columbo and the Murder of a Rock Star) d'Alan J. Levi (1991) 🚬 🚬 🚬 🚬

 


 

Ce troisième épisode de la dixième saison de Columbo fait suite à Criminologie appliquée de E.W. Swackhamer et Attention : le meurtre peut nuire à la santé de Daryl Duke. Il s'agit d'ailleurs du dernier puisque cette saison n'est constituée que de trois épisodes s'étalant entre décembre 1992 et avril 1991. Si les deux précédents prouvaient que les scénaristes, les réalisateurs et même indirectement le personnage du lieutenant Columbo en avaient encore sous le pied, Jeux d'ombres n'a absolument pas à pâlir face à cette rude concurrence à laquelle le réalisateur Alan J Levi et le scénariste William Read Woodfield répondent à travers un épisode sans doute moins fascinant mais qui pour autant n'est pas dénué de grandes qualités. Si les motivations du tueur sont ici différentes de celles, au hasard, découvertes dans le tout dernier épisode de la troisième saison En toute amitié de Ben Gazzara dans lequel un certain Mark Halperin (Richard Kiley) tuait son épouse afin de profiter allégrement de sa fortune personnelle, certaines similitudes demeurent entre le script de Peter S. Fischer et celui de William Read Woodfield. En effet, dans l'une comme dans l'autre de ces deux affaires où notre vaillant lieutenant Columbo va briller autant par sa perspicacité que par filouterie, deux véritables nœuds viennent compliquer les investigations du plus célèbre policier détective de Los Angeles. Tandis que Mark Halperin profitait de son statut de chef de la police pour diriger le lieutenant vers l'hypothèse selon laquelle le meurtre de sa femme aurait pu été commis par un cambrioleur qui sévissait dans la région, Hugh Creighton, très brillant avocat connu pour n'avoir jamais perdu l'un de ses procès, profite de son statut et de ses relations pour forcer Columbo à laisser tomber toute supposition quant à sa culpabilité. Interprété par Dabney Coleman, l'avocat en question est d'une suffisance qui le fait rejoindre cette panoplie toujours plus grandissante de tueurs imbus d'eux-mêmes et persuadés de détenir une immunité, qu'elle que soit la forme qu'elle puisse prendre ! Il faut ensuite reconnaître chez notre cher lieutenant Columbo une force de résilience assez exceptionnelle.


Sa capacité, par exemple, à passer outre les humiliations. On pense ici notamment à la séquence durant laquelle Mark Halperin, son assistante et son avocat se fichent royalement de Columbo après avoir réussi à ''prouver'' que le tueur ne pouvait pas être sur les lieux du crime au moment où sa compagne (Cheryl Paris dans le rôle de Marcy Edwards) fut assassinée ! On en est à se demander si ce genre de séquence n'est finalement pas plus crispante pour le spectateur fan du flic en imperméable marron, au cigare malodorant et au chien qui s'appelle... ''le chien'', que pour Columbo lui-même... Toujours est-il que cet excellent épisode dans lequel le lieutenant se frotte à un homme parfaitement établi dans la société est sensiblement grippé par une résolution d'énigme, mouais, bon, assez légère malgré tout. Ce fameux jeu d'ombre relaté dans le titre français tandis que dans sa version d'origine, Columbo and the Murder of a Rock Star signifie plus sobrement Columbo et le meurtre d'une star du rock. Faire condamner un homme sur la seule absence d'ombre sous le nez d'une photo prise lors d'un excès de vitesse qui tenterait à prouver que son alibi ne tient plus, c'est un peu léger, non ? Malgré tout l'on passe un très agréable moment avec cet épisode ''curieusement'' ensoleillé, où Columbo tape la discussion avec une ''sirène'', avec le chanteur, compositeur et pianiste Little Richard en personne et où Peter Falk croise pour la quatrième et antépénultième fois à l'écran et dans la série sa compagne dans la vie, Shera Danese. D'ailleurs, s'agissant de l'actrice et épouse de l'acteur avec laquelle ce dernier partagea son existence entre 1977 et son décès en 2011, aussi étonnant, amusant et inattendu que cela puisse paraître, c'est bien sa voix que l'on entend durant le générique lorsque est diffusée la chanson Closer. C'est en effet Shera Danese elle-même qui l'interprète. S'agissant par contre de sa création, les informations restent assez vagues mais l'on peut supposer que Steve Dorff, compositeur attitré de Jeux d'ombres est peut-être celui créa la chanson à l'occasion de cet épisode. Notons enfin que le véritable assassin fera tout pour incriminer Neddy Malcom (l'acteur Julian Stone), l'amant de sa compagne Marcy...

 

mardi 19 mai 2026

Caution: Murder Can Be Hazardous to Your Health (Attention : le meurtre peut nuire à la santé) de Daryl Duke (1991) 🚬 🚬 🚬 🚬 🚬

 


 

Suivant l'épisode Criminologie appliqué réalisé par E.W. Swackhamer et écrit par Jeffrey Bloom et Frederick King Keller, Attention : le meurtre peut nuire à la santé de Daryl Duke met en scène l'acteur George Hamilton (La Guerre des cerveaux de Byron Haskin, Le Vampire de ces dames de Stan Dragoti et interprète récurrent de la série Dynastie) dans le rôle de Wade Anders, animateur de l'émission Alerte au crime dans laquelle il propose aux téléspectateurs d'aider la police à retrouver des criminels. Le programme connaît un très grand succès. Ce que le public ne sait pas, c'est que par le passé il a tout fait pour faire écarter de la grille des programmes son principal concurrent Budd Clarke (Peter Haskell), ancien animateur lui-même de la chaîne. Épris de vengeance, ce dernier apprend que Wade Anders a tourné dans sa jeunesse dans un film pornographique. Menaçant le très populaire animateur, ce dernier lui soumet un chantage : soit Wade Anders accepte de lui laisser sa place, soit il révèle à la presse le contenu du film en question. Les deux hommes se retrouvent le lendemain dans la maison de Budd Clarke afin de résoudre cet épineux problème. Mais en gros consommateur de cigarettes, ce que ne sait pas l'ancien animateur, c'est que dans le secret de sa demeure, Wade Anders a acheté des cigarettes qu'il a empoisonnées à l'aide de sulfate de nicotine. Lorsque Budd Clarke détourne le regard, Wade Anders en profite pour échanger un paquet de cigarettes qui repose sur une table du salon avec celui qu'il a empoisonné. Se saisissant d'une cigarette contenant du sulfate de nicotine, Budd Clarke l'allume, tire quelques bouffées et meurt au bout de quelques secondes d'un arrêt cardiaque... C'est là qu'intervient notre célèbre lieutenant Columbo qui, en examinant les lieux du meurtre, lequel, avant son arrivée, avait toutes les apparences d'une mort naturelle, découvre des indices qui contredisent les premières observations du légiste. Dès lors, Columbo va n'avoir de cesse que de traquer Wade Anders, personnage épouvantablement arrogant. Sûr d'avoir commis le crime parfait, mais ayant laissé derrière lui d'impardonnables preuves de sa culpabilité...


Dans cet épisode, la présence d'un chien et d'un jardinier seront salutaires et permettront au lieutenant de prouver sans discussion possible la responsabilité du célèbre animateur de télévision dans le meurtre de sa victime. Ironique lorsque l'on sait que le personnage incarné par George Hamilton est un habitué des meurtres dont il a fait son gagne-pain. Collaborant avec les autorités et permettant l'arrestation de dizaines de criminels. S'il est généralement commun de découvrir qu'une seule preuve permettra à Columbo de faire arrêter le suspect, dans le cas de Attention : le meurtre peut nuire à la santé, la multiplication des éléments est presque ''vertigineuse''. On pense bien évidemment aux marques de griffes présentes sur la portière du véhicule appartenant à l'assassin et produites par un chien dont les propriétaires habitent près de chez Budd Clarke. Wade Anders affirmant qu'il n'a jamais mis les pieds chez la victime. Ou ces cigarettes théoriquement consommées par celui-ci, dont certaines portent des marques de nicotine quand d'autres demeurent immaculées. Que penser ensuite de cette impression papier d'une enquête à venir dont la forme ne correspond pas à celles qu'avait l'habitude de produire lui-même Budd Clarke ? Tout ceci n'étant rien en regard du remarquable final, représentant ce qui devait être l'alibi parfait pour l'assassin mais qui, malheur à lui, n'avait certainement pas prévu l'intervention d'un jardinier sur la haie à l'entrée de son studio ! Ajoutant à l'enquête une petite touche d'humour, le scénario de Sonia Wolf, Patricia Ford et April Raynell confronte lors d'une courte séquence Columbo à un habitué des sex-shop portant l'exacte réplique de son fameux imperméable marron. En outre, le titre de cet épisode fait directement référence à l'avertissement appliqué sur les paquets de cigarettes dès les années soixante aux États-Unis et qui depuis s'est généralisé à travers le monde et qui, tout comme en France, est accompagné de sinistres photos décrivant certaines conséquences dues à la consommation de tabac. Enfin, l'épisode est pour Peter Falk et George Hamilton l'occasion de se croiser pour la seconde fois dans la série, seize ans après l'épisode État d'esprit que réalisa et écrivit Harvey Hart en 1975...

 

dimanche 17 mai 2026

Criminologie appliquée (Columbo Goes to College) de E.W. Swackhamer (1990) 🚬 🚬 🚬 🚬 🚬

 


 

Dans ce premier épisode de la dixième saison de la série Columbo, notre cher lieutenant va faire face non pas à un seul assassin, mais deux. En outre, ceux-ci demeureront parmi les plus jeunes meurtriers auxquels il aura eu affaire durant sa très longue carrière de policier de Los Angeles. Deux étudiants, Justin Rowe (Stephen Caffrey) et Cooper Redman (Gary Hershberger), dont l'ingéniosité meurtrière n'aura d'égal que leur arrogance et l'insolence envers Columbo qui déjà, eu de nombreuses fois l'occasion de faire face à de méprisants criminels comme dans le second épisode de la précédente saison lors duquel notre sympathique lieutenant dû faire face à une implacable manipulation de la part de la propriétaire du magazine de charme Bachelor's World Diane Hunter et de son amant, le photographe Sean Brantley, afin de gonfler les chiffres de vente. Une machination certes humiliante pour Columbo qui pourtant parvint à reprendre les rênes de l'intrigue en démêlant le nœud de l'affaire et en faisant arrêter LE meurtrier de l'épisode. Ici, nos deux jeunes assassins en herbe s'en prennent au professeur Rusk (James Sutorius) qui enseigne la criminologie à l'université de Freemont et qui après avoir découvert qu'ils ont triché à un examen décide de les faire renvoyer de l'université. Tandis que Columbo débarque dès le lendemain dans l'amphithéâtre afin de donner une conférences aux élèves parmi lesquels se trouvent présents Justin et Cooper, Rusk descend dans le parking souterrain afin de monter à bord de son véhicule alors qu'il croit avoir rendez-vous avec le père de l'un de ses deux élèves. En ouvrant la portière, il reçoit une balle dans la tête et s'effondre au sol, mort ! Tout sourire, Justin et Cooper qui ont filmé la scène grâce à une caméra embarquée dans la voiture du second sont satisfaits de voir que leur coup a fonctionné... Ici, pas de mystère ou presque quant à la méthode employée par ces deux jeunes garçons, fils de familles aisées qui se croient sans doute au dessus des lois et de tout soupçon. C'est avec une apparente naïveté qu'ici le lieutenant Columbo va accepter l'aide ''providentielle'' de Justin et Cooper, ces deux là étant persuadés que le policier chargé de l'enquête sur le meurtre de leur professeur n'est qu'un fieffé abruti...


Deux gosses de riches si sûrs d'eux qu'ils vont tomber dans l'un de ces savoureux pièges que Columbo a l'habitude de construire autour de ses suspects. Épisode délicieux, construit une nouvelle fois autour du contraste qui existe entre le flic à l’imperméable beige et fripé de la police de Los Angeles et cette frange imbuvable de la population qui se croit tout permis ! Dans cette enquête ''à trois'', sous le soleil de Los Angeles et entre les murs d'une université censée former la future élite de la police américaine, l'une des particularités concerne les motifs du meurtre. Car si le spectateur connaît très bien les raisons qui poussent Justin et Cooper à assassiner leur professeur, Columbo ne saura jamais les véritable motivations du duo d'assassins. C'est donc bien l'assurance un peu trop apparente des deux étudiants qui poussera le lieutenant à tendre un piège autour d'eux tout en feignant d'être incapable de résoudre le mystère sans l'aide de Justin et Cooper. Pour la première et unique fois, le meurtre est commis alors que Columbo se situe dans les murs de l'établissement, à quelques étages au dessus du parking souterrain. Le lieutenant faisant ainsi office d'hypothétique alibi puisque les deux assassins sont présents dans la salle où il donne une conférence au moment du meurtre. Notons que parmi les seconds rôles l'on retrouve l'acteur Alan Fudge (L'Homme de l'Atlantide) qui déjà par deux fois était apparu dans la série avec les épisodes Édition tragique de Robert Butler en 1974 et Il y a toujours un truc de Leo Penn. Ici, il incarne le père de Cooper, Monsieur Redman, lequel passe un savon à son fils lorsqu'il apprend qu'une fois de plus celui-ci a engrossé l'une de ses dernières petites amies. Quant au père de Justin, Jordan Rowe, il est de son côté interprété par Robert Culp qui pour une fois dans la série n'endosse plus le rôle de l'assassin comme ce fut le cas dans les épisodes Faux témoin de Bernard L. Kowalski, Le grain de sable de Jeremy Kagan et Subconscient de Richard Kine. Ouverture en grandes pompes donc pour cette dixième saison qui démarre de la plus admirable façon, avec un duo d'assassins jouissivement irritants face à un Columbo taquin qui va renverser la vapeur en jouant au propre jeu de Justin et Cooper et ainsi montrer qu'il n'a jamais été dupe de leur jeu. Bref, un régal...

 

samedi 25 avril 2026

Columbo : Enough Rope de Don Richardson (1960)🚬 🚬

 


 

Dans l'imaginaire collectif, le lieutenant Columbo n'a été incarné que soixante-neuf fois à la télévision. Et autant de fois par un seul et même interprète, Peter Falk. Et pourtant, si l'on remonte très loin dans le temps, bien avant que l'acteur n'apparaisse pour la première fois sous les traits du plus célèbre policier de la brigade criminelle de Los Angeles dans l'épisode réalisé par Richard Irving en 1968, Prescription: Murder (Inculpé de meurtre), l'on découvre que l'homme au cigare et à l'imperméable froissé avait déjà fait une première apparition huit ans auparavant dans la série télévisée américaine anthologique The Chevy Mystery Show produite par la National Broadcasting Company (plus connue sous l'acronyme NBC). Une série d'une saison seulement, elle-même constituée de dix-huit épisodes dont un certain Enough Rope, lequel sera diffusé pour la toute première fois à la télévision américaine le 31 juillet 1960. Dans cet épisode dont le scénario est déjà l’œuvre des scénaristes Richard Levinson et William Link et dont la mise en scène a été confiée à Don Richardson (auteur, plus tard, d'épisodes des séries Le virginien, Perdus dans l'espace, Bonanza ou encore Arnie), ça n'est donc pas encore Peter Falk qui apparaît sous les traits de l'invétéré fumeur de cigares malodorants aux semelles de chaussures parfois abîmées, aux cheveux en bataille et au petit sac en papier de supermarché renfermant thermos à café et œufs durs ! Le rôle est interprété pour sa toute première apparition à l'image par l'acteur Bert Freed. Spécialisé dans les rôles de détective dans les années cinquante et soixante, il paraissait donc logique qu'il endosse le costume de celui qui allait devenir une véritable star du petit écran. Lorsque l'on découvre pour la toute première fois Enough Rope, une évidence s'impose immédiatement : ce court téléfilm d'un peu moins de cinquante minutes reposant très exactement sur le même scénario que le futur Prescription: Murder lui est infiniment inférieur à tous points de vue...


À commencer par l'incarnation de Bert Freed, justement. Dont les quelques répliques n'offrent pas au personnage la pleine mesure de ses capacités d'enquêteur chevronné. La faute à un script largement moins développé que la version de 1968. Ici, l'on découvre rapidement que certaines séquences de Prescription: Murder n'existent pas encore à l'heure où passe à la télévision Enough Rope. D'emblée, le téléspectateur est mis devant le fait accompli et comprend que la forfaiture à laquelle s'apprêtent à s'adonner le psychiatre Ray Flemming et sa maîtresse Susan Hudson sur la personne de Claire, l'épouse du docteur, est déjà acquise dès les premières secondes. Ici l'on est davantage devant une représentation théâtre filmée en live que devant un véritable téléfilm tourné en studio ou dans des décors naturels. Beaucoup de matière qui servira en 1968 à étayer le personnage de Columbo est déjà visible ici (référence à son épouse, stylo égaré, cigare au bord des lèvres). Cependant, la comparaison s'arrête là puisque la construction de l'intrigue n'est absolument pas comparable à celle que mettront au point Richard Levinson et William Link non pas en 1968 mais dès 1962, deux ans après la diffusion de Enough Rope à la télévision puisque le script évoluera afin de pouvoir être adapté sur les planches de théâtre à l'occasion d'une première cette année-là sous le titre Prescription: Murder. Notons d'ailleurs qu'elle aura traversé l'Atlantique puisqu'elle sera ensuite interprété en Europe et notamment en France sous le titre Meurtre sous prescription. Enough Rope demeure surtout un étonnant témoignage. L'arrivée sur petit écran d'un personnage de fiction qui allait ensuite devenir populaire un peu partout dans le monde et qui, au delà de sa riche carrière cinématographique allait faire de Peter Falk une véritable vedette de la télévision... Le court téléfilm de Don Richardson se regardera donc davantage comme une curiosité que comme le véritable lancement de la série Columbo...

 

mercredi 14 mai 2025

Le meurtre aux deux visages (It's All in the Game) 🚬 🚬🚬 🚬

 


 

Pour démarrer la treizième saison de Columbo, l'on retrouve au générique le réalisateur Vincent J. McEveety qui jusque là avait déjà mis lui même en scène Peter Falk face à des meurtriers dans quatre épisodes. Auteur d'épisodes souvent atypiques, il réalise avec Le meurtre aux deux visages (It's All in the Game) l'un des meilleurs de la seconde époque. Dans celui-ci, le célèbre détective de Los Angeles va avoir fort à faire avec une enquête plutôt complexe lors de laquelle il sera confronté à une très belle femme du nom de Lauren Stanton. Une criminelle incarnée sur le petit écran par la magnifique Faye Dunamay dont la célébrité s'est tout d'abord construite autour de Bonnie and Clyde d'Arthur Penn en 1967avant d'enchaîner une brillante carrière sur grand écran et sur plusieurs décennies. Le meurtre aux deux visages sera sa seule et unique occasion de se frotter à Peter Falk dans le rôle du lieutenant Columbo. Souvent séduit par les meurtrières de la série, Columbo semble ici parfois désarmé face à la grande beauté de Lauren Stanton, laquelle sait user de ses charmes pour tenter de l'envoûter et ainsi l'empêcher de mener son enquête dans les meilleures dispositions. Faye Dunamay vole ici quasiment la vedette à notre lieutenant préféré et l'on découvre un flic parfois presque gêné de devoir l'interroger. L'une des grandes idées de cet épisode est de cultiver l’ambiguïté chez Columbo. L'on ne cesse pas un seul instant de nous demander si tout n'est au font qu'un jeu dont l'objectif est en fait d'inverser les rôles (on a souvent et notamment connu le détective user de fausse modestie afin de tromper la plupart des criminels) ou si Columbo est tout simplement tombé sous le charme de la meurtrière. Ici, Faye Dunaway incarne une Lauren Stanton assassine. Qui avec l'aide de Lisa (l'actrice Claudia Christian) va fomenter le meurtre de Nick Franco (l'acteur Armando Pucci), amant charismatique de l'une... et de l'autre. Et c'est très précisément parce que les deux femmes se sont rendues compte qu'elles étaient manipulées par cet homme qui n'est finalement qu'un odieux gigolo qu'elles ont décidé d'en finir avec lui de la manière la plus brutale qui soit.


Écrit par Peter Falk lui-même, le scénario permet à l'acteur de s'offrir ''le beau rôle'' du flic séduit par une femme très belle et séduisante. Ce sera d'ailleurs pour l'acteur la seule occasion d'écrire le script d'un épisode pour la série. Les contacts physiques frontaux (genre, baisers sur les lèvres) sont assez rares chez Columbo. Et bien que de son propre chef il déposera un baiser sur la bouche de l'actrice Tyne Daly deux épisodes plus tard (Columbo change de peau), l'initiative est ici prise par Lauren Stanton. Les rôles tiers sont ici majoritairement secondaires, le scénario s'articulant presque exclusivement autour du principal duo. Même la complice Lisa en fera les frais en apparaissant dans un rôle finalement souvent accessoire. Au mieux, le barman Barnay (John Finnegan) apparaît ici dans une fonction de confident qui donne lieu à des séquences plutôt amusantes lorsqu'elles tentent d'apporter quelques éléments de solution quant à la véracité ou non des sentiments qu'éprouve le lieutenant Columbo envers la suspecte. Le scénario joue énormément sur cette ambivalence. Séduit, Columbo ? Pas sûr. Surtout lorsque plus tard il offre au barman la cravate que lui avait acheté Lauren ou lorsqu'il s’essuie méticuleusement les lèvres après qu'elle l'ait embrassé. Et même, lors de la toute fin lors de laquelle le lieutenant conclut le récit par une phrase qui ne laisse aucune espèce de doute quant à cette question : '' Qui a dit que je ressentais quoi que ce soit pour elle ? Barney, si tu crois tout c'qu'un lieutenant de police raconte, t'es le roi des idiots...''. Notons enfin qu'à l'image de l'excellent Quand le vin est tiré de Jeannot Szwarc diffusé dans le courant de la troisième saison, le dernier échange du meurtre aux deux visages entre le policier et la meurtrière fait sans doute partie des conclusions les plus émouvantes. D'autant plus que l'on y découvre un élément qui jusqu'à maintenant avait été secrètement gardé au chaud par le réalisateur et le scénariste...

 

lundi 30 décembre 2024

Columbo - personnages récurrents - Le sergent-détective George Kramer

 


 

Parmi les nombreux personnages qui sont apparus durant les soixante-neuf épisodes que compte la série Columbo, il en est qui ont participé à l'aventure à plusieurs reprises. Sans compter certains acteurs tels que Patrick McGoohan, Jack Cassidy ou Robert Culp qui interprétèrent eux-mêmes des assassins dans plusieurs épisodes, d'autres personnages récurrents firent régulièrement leur apparition. À commencer par le Sergent Détective George Kramer. Qui entre les saisons 4 et 9 apparu dans cinq épisodes. Le personnage est alors incarné par l'acteur Bruce Kirby qui avant d'endosser ce rôle interpréta tout d'abord celui de l'assistant de laboratoire Doug dans Adorable mais dangereuse en 1973. Puis survient pour la première fois à l'écran le Sergent Détective George Kramer dans Entre le crépuscule et l'aube, le troisième épisode de la quatrième saison. Laquelle l'accueille une nouvelle fois lors du sixième intitulé État d'esprit. La saison suivante le voit réapparaître à deux reprises. Tout d'abord dans l'épisode Jeu d'identité, puis dans La montre témoin. Enfin, sans être crédité au générique, le Sergent Détective George Kramer retrouve le chemin de la série pour une ultime apparition dans le téléfilm Columbo : Votez pour moi. Notons également que son interprète offrira ses traits dans le troisième épisode de la septième saison intitulé Meurtre parfait dans lequel il incarnera cette fois-ci le rôle d'un réparateur de télévisions ! Très apprécié par l'acteur Patrick McGoohan, Bruce Kirby côtoiera ce dernier à quatre reprises. En effet, la vedette de la série Le prisonnier aura interprété plusieurs des assassins de la série ou directement dirigé certains épisodes mettant en scène Bruce Kirby. 


Né Bruno Giovanni Quidaciolu le 28 avril 1925, il débute sa carrière sur le petit écran dans les années cinquante avec la série Studio One dans laquelle il interprète le rôle de MR. Merkle. Ses quinze premières années d'acteur, Bruce Kirby les passe donc à la télévision avant de se voir offrir son premier rôle au cinéma dans Catch-22 de Mike Nichols, en 1970. Acteur de second rôle, il est quasiment impossible d'avoir échappé à ce visage bien connu des téléspectateurs. Surtout dans le courant des années quatre-vingt qui le voit donc apparaître dans Columbo, mais également dans d'autres séries policières telles que Kojak, l'étonnante Holmes et Yoyo et bien sur La loi de Los Angeles dans laquelle il n'apparaît pas en tant que principal interprète mais en tant que personnage récurrent. Il y incarne effectivement le rôle du procureur Bruce Rogoff dans treize des cent-soixante dix épisodes que compte la série. Les spectateurs ne s'en souviennent peut-être pas mais Bruce Kirby apparaîtra notamment sur grand écran dans le chef-d’œuvre de Rob Reiner adapté d'une longue nouvelle de Stephen King, Stand by me en 1986. S'agissant de la série Columbo, son personnage apparaît donc plus ou moins régulièrement. Il n'y est ni le supérieur ni le subalterne de Columbo puisque les deux hommes partagent le même grade. Présent sur diverses scènes de crimes, il précède généralement ce dernier, offrant à notre fameux lieutenant les premières informations concernant la victime et les conditions dans lesquelles celle-ci a trouvé la mort. Bref, un personnage essentiel qui malgré son peu de présence à l'image apporte une véritable cohésion dans l'entourage du Lieutenant Columbo...