Le milieu hippique aura
servi de toile de fond à deux reprises dans la série. À commencer
par l'épisode qui nous intéresse ici ainsi qu'en 1995 avec Une
étrange association (Strange
Bedfellows)
de Vince McEveety et dans lequel l'éleveur de chevaux Graham
McVeight tuait son jeune frère Teddy qui avait accumulé une dette
de deux-cent mille dollars de dettes de jeu. De part la profession de
l'assassin, l'intrigue tourne donc autour des courses de chevaux.
S'agissant de Couronne Mortuaire
(Uneasy Lies the Crown)
d'Alan J. Levi, le sujet des dites courses de chevaux n'est qu'un
prétexte pour expliquer l'inimitié qu'éprouve Horace Sherwin
(l'acteur Paul Burke) vis à vis de son beau-fils Wesley Corman
(James Read), jeune dentiste brillant avec lequel il partage son
cabinet mais qui gâche tout son potentiel en dépensant puis en
perdant des fortunes dans des compétitions sportives. Son beau-père
passant ainsi son temps à rembourser ses dettes. Mais désormais,
Horace Sherwin a décidé d'arrêter les frais. Marié par intérêt
à Lydia (Jo Anderson), Wesley sait qu'elle le trompe avec un amant
du nom d'Adam Evans (Marshall Teague). Un acteur très populaire dont
la relation avec son épouse met en danger l'avenir de Wesley. En
effet, d'après Horace, la jeune femme risque de demander très
prochainement le divorce. Risquant en outre de perdre son travail et
ainsi l'argent qui lui permet de profiter d'un très confortable
train de vie, le dentiste met au point le meurtre d'Adam Evans tout
en faisant porter le chapeau à son épouse... L'emploi de substances
qui peuvent être employées comme poisons à des fins de meurtres
est une habitude dans la série puisque dans l'épisode Lovely
but Lethal
de Jeannot Swarc la meurtrière assassinait un homme en empoisonnant
une cigarette. Un procédé qu'utilisera d'ailleurs l'assassin de
l'épisode Caution: Murder Can Be Hazardous to
Your Health de
Daryl Duke en employant du sulfate de nicotine. Sans oublier
l'épisode Murder Under Glass qui
en 1978 mettait en scène l'acteur français Louis Jourdan dans le
rôle du critique gastronomique Paul Gerard qui pour se débarrasser
d'un grand chef cuisinier qui le menaçait de tout révéler sur ses
sombres agissements utilisait la tétrodotoxine extraite d'un
poisson-globe afin de la faire ingérer par l'homme en question... La
technique employée dans Couronne mortuaire
reste sans doute parmi toutes celles-ci, la plus ingénieuse puisque
lors d'un rendez-vous avec Adam Evans dans son cabinet, Wesley Corman
va placer de la digitaline dans un pansement pratiqué par le
dentiste sur une dent cariée. Le ''poison'' n'agissant alors que
quelques heures plus tard lorsque Adam rejoindra Lydia pour une
longue soirée d'amour... qui se terminera malheureusement par la
mort de l'acteur lorsque celui-ci consommera une margarita tout
juste préparée par Lydia. Entre-temps, Wesley se sera évidemment
forgé un alibi en participant à une partie de cartes entre amis...
Dans
leur grande perversité, la conception du meurtre et le fait de faire
porter le chapeau à son épouse qui des années en arrière avait
déjà perdu un mari dans des conditions similaires n'empêchera pas
l'assassin de tomber entre les mailles du filet tendu par un
lieutenant Columbo qui comme très souvent dans la série, et à
défaut de trouver des preuves concrètes, finira par tendre un
piège à celui qu'il soupçonne d'avoir commis le meurtre. Dans cet
épisode qui ne fait partie ni des meilleurs ni des moins bons de la
série, Columbo aura l'occasion d'être au contact, pour un court
instant, avec plusieurs célébrités qui dans Couronne
mortuaire
interprètent leur propre rôle. Apparaissent ainsi à l'écran le
joueur de Base-ball Ron Cey ainsi que l'actrice Nancy Walker et Dick
Sargent, lequel est surtout connu pour avoir incarné le rôle de
Jean-Pierre Stevens dans la série télévisée américaine Ma
sorcière bien-aimée
entre 1969 et 1972. Si l'écriture du scénario est assurée par
Steven Bochco, auteur de quelques excellents scripts pour la série,
la résolution de cet épisode est en revanche assez décevante.
D'autant plus qu'il est fort improbable que l'assassin abandonne au
dernier instant l'idée de poursuivre l'expérience menée par
Columbo et qui aurait révélé le subterfuge. Mais comme il fallait
bien trouver une conclusion, hein, pourquoi pas ! Traduisible
sous le titre Une
couronne lourde à porter
ou par Le
fardeau de la couronne,
on pourrait donc résumer Uneasy
Lies the Crown
comme mettant en scène un meurtrier dénué de toute morale. Prêt à
tuer l'un de ses amis chanteurs avant de faire porter le chapeau à
sa propre femme. Immoral, certes, mais diablement ingénieux. Le coup
de la digitaline, un traitement que prend Lydia et dont l'usage
dirigera logiquement le lieutenant vers l'épouse du dentiste. Par
contre, ici, difficile de concevoir ce qui pousse Columbo à croire
la jeune femme est innocente et son mari coupable ! Notons que
l'épisode faillit ne jamais voir le jour. Car aussi surprenant que
cela puisse paraître, la propre mère de Peter Falk indiqua lors
d'un dîner auquel assistèrent son fils ainsi que les créateurs de
la série Richard Levinson et William Link, qu'elle considérait
invraisemblable qu'un dentiste puisse commettre un meurtre. Il aurait
d'ailleurs été intéressant de savoir ce que pouvait penser
Madeline Falk de l'excellent A
Stitch in Crime
de Hy Averback dans lequel Leonard Nimoy avait incarné le Docteur
Barry Mayfield, un chirurgien de renom mais aussi et surtout, l'un
des pires assassins de la série avec deux meurtres au compteur et un
troisième en prévision...


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