Le tout dernier épisode
de la septième saison de Columbo
a ceci de remarquable qu'il demeure également l'ultime à avoir été
diffusé à l'origine sur le groupe audiovisuel américain National
Broadcasting Company
plus connu sous l'acronyme NBC.
Avant qu'une interruption de plus de dix années n'intervienne au
sein de la série, le réalisateur Leo Penn (Star
Trek,
L'homme de fer,
La petite maison dans la prairie)
qui avait signé en 1973 l'un des meilleurs épisodes de la série
avec Quand le vin est tiré
réalise par contre à l'occasion de cette fin de septième saison
l'un des plus faibles, toutes époques confondues. Le sujet de Des
sourires et des armes
(The Conspirators)
est pourtant l'un des plus délicats auxquels aura à faire face
notre lieutenant préféré. Dans cet épisode qui oppose Peter Falk
à l'acteur néo-zélandais Clive Revill, ce dernier incarne le
personnage de Joe Devlin, poète, chanteur, musicien et écrivain qui
en secret mène une vie parallèle au sein d'un groupe de soutien au
bénéfice des victimes du conflit nord-irlandais. L'homme et
plusieurs de ses collaborateurs réunissent ainsi des fonds afin de
se fournir en armes de guerre. Comme je l'écrivais donc un peu plus
haut, Des sourires et des armes
reste un épisode assez anecdotique sur fond de trafic d'armes peu
passionnant. L'une des raisons principales réside sans doute dans le
fait que l'enquête soit souvent mise en retrait face aux agissements
de l'antagoniste. Le spectateur pénètre alors un univers
relativement complexe à saisir dans sa globalité. Leo Penn tente
bien d'injecter à cet épisode l'habituelle note d'humour propre Ã
la série mais là encore, les quelques situations pittoresques
mettant principalement en scène le lieutenant Columbo tombent
généralement à l'eau. Clive Revill incarne cependant un assassin
originaire d'Irlande plutôt convainquant malgré ses origines
néo-zélandaises.
Son
personnage fait partie de ces antagonistes qui tentent de séduire
Columbo sans se douter que derrière la profonde naïveté qu'incarne
celui-ci se cache des aptitudes d'enquêteur toujours aussi
exceptionnelles. Malheureusement, tout ce qui faisait le charme d'un
épisode aussi brillant que Quand le vin est
tiré
est ici absent. La relation entre le tueur et le lieutenant demeure
dramatiquement impersonnelle quand celle qui opposait ce dernier Ã
l’œnologue Adrian Carsini (interprété par l'excellent Donald
Pleasence) amenait des séquences véritablement touchantes. Autre
soucis avec cet épisode : les éléments permettant à Columbo
de cheminer vers la résolution de l'enquête. Ces petits détails
qui en la matière sont en général assez jouissifs demeurent dans
le cas présent tellement prévisibles que lors de la conclusion de
l'épisode, le sentiment de frustration est en totale adéquation
avec celui qui s'était déjà emparé du spectateur tout au long du
récit. Bref, un épisode mineur comme purent notamment l'être en
leur temps Immunité diplomatique
et Question d'honneur,
deux des pires épisodes réalisés l'un et l'autre par le pourtant
très efficace Ted Post pour la cinquième saison de la série. Voici
donc que s'achève la première époque de la série. L'épisode sera
diffusé pour la toute première fois sur le territoire américain le
21 novembre 1977. Le public outre-atlantique devra alors patienter
environ douze ans jusqu'au 6 février 1989, date de diffusion du
premier épisode de la huitième saison et premier de la seconde
époque. Les nouveaux épisodes allant de la quarante-sixième à la
soixante-neuvième et ultime enquête du lieutenant seront désormais
diffusée par le groupe audiovisuel américain American
Broadcasting Company
plus connu sous l'acronyme ABC...
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