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lundi 13 mai 2024

Grandes manœuvres et petits soldats (Grand Deceptions) de Sam Wanamaker (1989) 🚬 🚬 🚬

 


 

Quinze ans après l'excellent épisode Entre le crépuscule et l'aube réalisé par Harvey Hart et dans lequel notre bon vieux lieutenant Columbo était confronté au tyrannique Colonel Lyle C. Rumford (excellent Patrick McGoohan), un officiel de l'armée américaine dirigeant d'une main de fer une école militaire, l'on retrouve notre détective de Los Angeles à l'imperméable froissé et au cigare malodorant dans un univers similaire. En effet, dans le quatrième et dernier épisode de la huitième saison intitulé Grandes manœuvres et petits soldat (Grand Deceptions), Columbo est dépêché dans un camp militaire pour y constater la mort du sergent-major Lester Keegan (l'acteur Andy Romano) apparemment tué par accident lors d'une séance d'entraînement nocturne à laquelle participaient les nouvelles recrues. Tué par l'explosion d'une grenade, l'homme est retrouvé étendu sur le ventre alors qu'il vérifiait le bon fonctionnement des installations électriques. Très rapidement, le lieutenant soupçonne un meurtre. Quelques détails iront selon lui dans ce sens. Comme la présence de feuilles mortes sous le col de l'uniforme porté par la victime (le corps à effectivement été retrouvé dans la forêt où eut lieu l'opération de nuit). Le lieutenant soupçonne très rapidement le colonel Frank Brailie (l'acteur Robert Foxworth qui au cinéma fut notamment la voix de Ratchet dans la série de longs-métrages Transformers). Pourtant, l'homme semble avoir un alibi indéboulonnable. En effet, au moment où Lester Keegan mourrait, le colonel Frank Brailie était prétendument dans le salon de son supérieur, le général Padget (Stephen Elliot), pour l'anniversaire duquel il était supposé installer des centaines de figurines sur une maquette reproduisant un grand événement historique. Un aménagement qui devait lui prendre deux heures de son temps et ainsi rendre impossible sa présence à deux endroits différents. Mais connaissant notre lieutenant de police préféré, l'alibi du colonel Frank Brailie ne tiendra pas très longtemps...


Beaucoup moins connu chez nous que sur le territoire américain, l'acteur Robert Foxworth campe un colonel Frank Brailie plutôt efficace, adultère (il couche avec l'épouse du Général Padget, Jenny, qu'interprète de son côté l'actrice Janet Eilber) et ayant détourné de fortes sommes d'argent à l'origine réservées à des Fonds de projets spéciaux. On s'en doute, l'objectif du sergent-major Lester Keegan était donc de faire chanter le colonel. La victime était également au courant de la relation qu'entretenait celui-ci avec l'épouse du général Padget. Deux bonnes raisons, donc, pour se débarrasser de ce témoin particulièrement gênant... Décédé en 1993, soit seulement quatre ans après la réalisation de cet épisode, l'acteur et réalisateur Sam Wanamaker avait déjà mis en scène le troisième épisode de la sixième saison intitulé Les surdoués. Confiant cette fois-ci l'écriture au scénariste Sy Salkowitz, Grandes manœuvres et petits soldat est un sympathique épisode même s'il ne rejoint absolument pas le classement des meilleurs d'entre tous. L'épisode permet surtout d'assister à la touchante relation entre Columbo et ce vieux général cloué dans un fauteuil roulant qui ne soupçonne absolument pas la traîtrise de son subalterne ou l'adultère dont s'est rendue responsable son épouse. Si le scénario est plutôt intelligent, l'usage de subterfuges semblant être parfois un peu légers comme le nettoyage d'une trace de terre par le Colonel Frank Brailie dans la chambre de sa victime permet une fois de plus de montrer les performances et la grande intuition du lieutenant Columbo, très actif et minutieux dans sa recherche du détail qui fera toute la différence. Cette huitième saison se termine donc de manière plutôt élégante. Six mois sépareront Grandes manœuvres et petits soldat du premier épisode de la neuvième saison intitulé Portrait d'un assassin. Un épisode assez particulier comme nous le verrons dans un prochain article, réalisé par l'un des cinéastes les plus prolifiques que la série puisque James Frawley aura tourné lui-même six épisodes entre 1977 et 1989...

 

jeudi 11 mars 2021

Etat d'Esprit de Harvey Hart (1975) 🚬 🚬 🚬 🚬

 


 

Dernier épisode de la quatrième saison de Columbo, État d'esprit (A Deadly State of Mind) de Harvey Hart est aussi le second qu'il réalisera après Entre le Crépuscule et l'Aube en 1974 et avant La Femme Oubliée en 1975 et Tout n'est qu'Illusion l'année suivante. Une jolie régularité et un épisode, ici, qui vient clore de belle manière une formidable saison qui accueilli en son sein, autant de vedettes du petit écran que de stars de cinéma. N'oublions pas en effet que l'on pu y découvrir notamment Robert Conrad, Patrick McGoohan ou encore Robert Vaughn, chacun interprétant un tueur aux méthodes bien différentes. Des assassins et non plus de simples meurtriers puisque chaque crime y était volontairement accompli. Pour ce dernier épisode de cette quatrième saison, le réalisateur Harvey Hart adapte une histoire qu'il a d'abord écrite avant de confier l'écriture du scénario à Peter S. Fischer. La particularité de cet épisode, et c'est d'ailleurs le seul de cette saison, est d'avoir abordé le meurtre sous l'angle de l'accident. En effet, le meurtre de Karl Donner (interprété par l'acteur Stephen Elliot qui l'année précédente interprétait un commissaire de police dans Un Justicier dans la Ville de Michael Winner, 1974) est dû dans le cas présent à un accident. En effet, constatant que son épouse est l'amante de son psychanalyste, son sang ne fait qu'un tour lorsque confronté aux deux fauteurs, il se rue sur son épouse Nadia. Le docteur Marcus Collier s'empare alors d'un tisonnier et frappe à mort le pauvre homme qui s'écroule sur le tapis du salon, mort !


C'est là qu'intervient le lieutenant Columbo. Le scénario de Peter S. Fischer dissémine ça et là tout un tas d'indices qui permettront au célèbre détective de conclure que l'attaque supposée par des voleurs n'est en fait qu'un leurre pour détourner l'attention des enquêteurs. Une surenchère qui de fait, se justifie puisque contrairement à la majorité des épisodes dans lesquels les meurtres sont calculés à l'avance, la précipitation avec laquelle le psychanalyste tente de trouver une solution pour n'avoir pas à assumer la mort de Karl Donner détermine la fiabilité de son alibi ainsi que celui de sa maîtresse. Cette dernière, comme on le verra, sera une pièce relativement faible de l'échiquier dont devra se débarrasser plus tard l'homicide. Concept novateur, l'hypnose est au centre d'une intrigue à rebondissements. Le lieutenant Columbo qui généralement est ouvert à tous types de propositions, même les plus improbables (l'homme croit en la chiromancie comme l'entérinait l'épisode Faux Témoin de Bernard L. Kowalski quatre ans auparavant, alors pourquoi pas à l'hypnose?), va donc accepter le principe et les différents éléments qu'il a récolté jusque là pour confondre le tueur...


Concernant les indices, et bien qu'ils paraissent logiques vu l'urgence avec laquelle le docteur Collier doit se constituer un alibi, on pourra leur reprocher de manquer de raffinement (une pierre à briquet et des traces de pneus comme preuve de la présence du psychanalyste sur les lieux du crime, cela fait tout de même beaucoup). Comme je l'évoquais un peu plus haut, la présence d'authentiques vedettes de la télévision ou du cinéma font une fois de plus partie du champ d'action de ce septième épisode. Et pour celui-ci, qui mieux que George Hamilton et Lesley Ann Warren pour clore cette saison ? L'assurance, l'ambition et l'arrogance de l'un. La fragilité psychologique de l'autre. Une émulation parfaite pour une interprétation sans faille. Si Lesley Ann Warren n'apparaîtra plus dans la série, George Hamilton aura quant à lui l'occasion de se frotter une nouvelle fois au lieutenant Columbo seize ans plus tard dans l'épisode Attention : Le meurtre peut nuire à la Santé de Daryl Duke. Notons également la présence de l'acteur Bruce Kirby qui durant sa longue carrière au cinéma et à la télévision, aura eu le temps de jouer dans neuf épisodes de la série en incarnant tour à tour les sergents Kramer et Phil Brindle, un réparateur de téléviseurs ainsi qu'un préposé de laboratoire. Le final, et donc la résolution de l'intrigue, est l'un de ces grands moments de la série dans lequel le lieutenant Columbo (toujours aussi formidablement interprété par Peter Falk) joue un jeu de dupe comme il en a parfois le secret lorsqu'il n'a pas toujours d'autres moyens de confondre le meurtrier...