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lundi 26 juin 2023

Le mystère de la chambre forte (Try and Catch Me) de James Frawley (1977) 🚬 🚬 🚬 🚬

 




 

Le mystère de la chambre forte (épisode n'ayant aucun rapport avec le film éponyme de John Newland sorti en 1965 et pas davantage avec le roman lui-même éponyme et écrit par le journaliste et écrivain français Jean-Marie Stoerkel bien des années plus tard en 2006) pose un certain nombre de questions quant à la psychologie de la meurtrière et de sa victime. En effet, en dehors de l'intrigue elle-même et de l'enquête menant à la confrontation entre le lieutenant Columbo et la meurtrière Abigail Mitchell, le spectateur est amené à se poser des questions quant à la responsabilité de la victime prénommée Edmund (l'acteur Charles Frank) dans la mort de Phyllis, la nièce de la vieille dame. L'enquête bâclée de la police sur le décès tragique de la jeune femme lors d'une ballade en voilier a-t-elle permis à son époux d'échapper à la justice ? Et par conséquent, fut-il réellement coupable de meurtre ? Ou bien Abigail s'est-elle débarrassée d'un innocent dont le ménage prenait l'eau et qu'elle considérait d'un point de vue financier, des plus opportuniste ? Le doute plane autour de la question de culpabilité ou d'innocence. D'autant plus que le réalisateur James Frawley façonne le personnage d'Edmund Galvin de telle manière qu'il apparaisse inoffensif. Presque gêné face à la proposition d'Abigail qui lui indique vouloir faire de lui son légataire universel. Sincère ou manipulateur ? Une double question qui s'impose également face à cette vieille dame qui du haut de ses un mètre cinquante agit elle aussi de manière relativement troublante. Car le mobile est-il réellement synonyme de vengeance ou n'a-t-elle pas tout simplement que l'intention de récupérer les droits d'auteur qu'elle avait concédé à sa nièce et qui désormais sont la propriété de son neveu par alliance ?


Pour revenir à l'affaire qui préoccupe Columbo, quelques indices laissent d'emblée entrevoir la supercherie. Comment, en effet, et cela, le lieutenant l'a immédiatement noté, Edmund a-t-il pu pénétrer dans ce coffre qui s'est transformé à ses dépends en tombeau sans que l'alarme ne se déclenche ? Un détail dont l'importance est considérable puisqu'il permettra à Columbo d’émettre l'hypothèse du meurtre et non plus de l'accident. Interprétée par Ruth Gordon alors âgée de quatre-vingt un ans, Abigail étant une écrivaine spécialisée dans le roman policier, on se dit que l'enquête sera une véritable épreuve pour le lieutenant. Pourtant, malgré la préparation de la meurtrière afin de se constituer un alibi, les erreurs vont se succéder. Comme ces clés enfoncées dans une vasque remplie de sable que la gouvernante va trouver en faisant le ménage (Columbo y a lui-même écrasé l'un de ses cigares malodorants) avant de les remettre à la secrétaire de la vieille dame, Véronica Bryce qu'interprète l'actrice Mariette Hartley. Laquelle va de ce pas faire chanter la vieille dame afin d'obtenir ''certaines facilités''. Une fois encore, Columbo semble être touché par l'histoire personnelle de l'écrivaine dont la nièce est décédée lors d'un tragique ''accident'' de navigation. Ruth Gordon incarne une Abigail touchante et d'apparence fragile mais le lieutenant ne s'en laissera pas compter et mènera l'enquête jusqu'à l'arrestation de la meurtrière. Malgré une carrière débutée en 1915 et ayant atteint son crépuscule en 1987, l'actrice n'aura finalement interprété que quarante-cinq rôles au cinéma et à la télévision. Les fans de Clint Eastwood l'auront notamment reconnue pour avoir interprété par deux fois le personnage de Ma dans le diptyque formé de Doux, dur et dingue de James Fargo en 1978 et de Ça va cogner de Buddy Van Horn deux ans plus tard...


Lors d'une conférence, Columbo tombe dans le ''piège'' tendu par Abigail consistant à monter sur l'estrade afin d'y évoquer son métier et notamment la relation qu'il entretient avec les suspects. Lorsque la culpabilité de la vieille dame est avérée, celle-ci tentera de faire flancher le lieutenant quant à la décision de la faire arrêter. Lorsque l'on connaît le sérieux de Columbo ou lorsque l'on remonte le fil des précédentes saisons et notamment la troisième et son septième épisode Quand le vin est tiré dans lequel Columbo ne pliait absolument pas face au plus touchant des meurtriers (Donald Pleasance dans le rôle d'Adrien Carsini), on sait par avance que les suppliques d'Abigael n'auront aucun effet sur lui. L'occasion se présentera pourtant bien plus tard mais nous reviendrons dessus lorsqu'il sera temps d'évoquer l'épisode en question. Le mystère de la chambre forte se conclu par une résolution des plus astucieuses où, originalité, c'est la victime elle-même qui apportera la preuve de la culpabilité d'Abigail Mitchell...

 

vendredi 26 juin 2020

Édition Tragique de Robert Butler (1974) 🚬 🚬 🚬



C'est la seconde fois que l'acteur Jack Cassidy intervient dans la série, trois ans après l'épisode Le Livre témoin (Murder by the Book) réalisé par un certain Steven Spielberg. Et comme dans ce que certains considèrent à juste titre ou pas comme l'un des meilleurs des soixante-neuf épisodes que constitue la série, il y évolue dans la peau de Riley Greenleaf. Un éditeur qui dans les prochaines semaines va perdre sa poule aux œufs d'or du nom de Allen Mallory (l'acteur Mickey Spillane). Celui-ci a en effet choisi de signer son prochain contrat avec un concurrent que Riley Greenleaf déteste profondément. On connaît la suite. L'éditeur décide d'éliminer Allen Mallory. Mais alors que dans la majorité des cas, pour ne pas dire l'intégralité des épisodes, l'homme ne se salira pas lui-même les mains dans un premier temps puisqu'il fera appel à Eddie Kane auquel il fait miroiter l'espoir d'éditer un ouvrage consacré à la conception de bombes artisanales...

La méthode employée par Riley Greenleaf est simple. Tandis qu'il fera tout pour se faire remarquer dans un bar ainsi que lors d'un accrochage en voiture qu'il aura volontairement provoqué au moment où aura lieu le meurtre de l'écrivain, Eddie Kane se rendra dans le bureau de Allen Mallory pour l'assassiner. Dans cet épisode, le tueur pousse le vice au point de tout faire pour se rendre suspect. Une mécanique qui va à l'encontre de tout ce à quoi nous a habitué la série. Fort d'un alibi en béton, le commanditaire de l'assassinat n'a pas grand chose à craindre face à un Columbo toujours aussi précis dans son analyse des événements. À part peut-être un détail : Eddie Kane ! On comprendra assez rapidement que la promesse d'éditer un ouvrage dont le titre est ''comment tout faire sauter en dix leçons'' demeurant une hérésie, Riley Greenleaf se trouve face à un dilemme. C'est ainsi que de commanditaire, celui-ci devient meurtrier en tuant le seul qui pourrait témoigner de sa complicité dans le meurtre de l'écrivain...

Toujours aussi somptueux, Jack Cassidy est donc confronté pour la seconde fois au Lieutenant Columbo et à l'univers de la littérature même si dans le cas présent, il se situe de l'autre côté de la profession puisque passant désormais de l'écriture à l'édition. Tout comme le Ken Franklin qu'il incarnait dans l'épisode réalisé par Steven Spielberg, il se retrouve dans Édition Tragique (Publish or Perish) de Robert Butler (déjà auteur du sympathique épisode Double Choc (Double Shock) l'année précédente) aussi démuni. Rappelons que dans Le Livre Témoin, il campait un écrivain qui aux côtés de Jim Ferris (Martin Milner) était l'auteur de romans à succès. On y apprenait cependant que son compagnon d'écriture était l'auteur presque exclusif de la plupart de leurs ouvrages. Dans Édition Tragique, le personnage de Riley Greenleaf risque de se retrouver dans une même situation de précarité puisque sa principale source de revenus va bientôt lui être arrachée au profit de la concurrence...

Dans cet épisode toujours admirablement incarné par Peter Falk, le lieutenant Columbo ne sera pas directement confronté à l'un des personnages les plus déséquilibrés auquel la série a donné naissance. Le rôle d'Eddie Kane est confié à l'acteur John Davis Chandler et à son regard très étrange. Inquiétant dirons-nous même, surtout que le scénario de Peter S. Fischer lui réserve quelques séquences particulièrement gratinées. À commencer par l'ouverture de cet épisode qui le montre en train de tester des explosifs de sa propre conception ou plus tard, lorsque le spectateur le voit jubiler à l'idée de voir son ouvrage consacré aux bombes artisanales être édité. Un individu à la ramasse dont Riley Greenleaf se servira des faiblesses intellectuelles afin de mettre à profit son projet de meurtre. Parmi les seconds rôles, les fans remarqueront la présence de l'acteur Alan Fudge qui interpréta notamment le personnage de C.W.Crawford dans la mythique série L'Homme de l'Atlantide en 1977/78 ou de Paul Shenar, vu dans le génial Scarface de Brian de Palma et grand habitué des rôles de méchants sur grand écran...