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dimanche 6 mars 2022

Tout n'est qu'illusion (Now You See Him…) de Harvey Hart (1976) 🚬 🚬 🚬 🚬

 



 

Chaque fois ou presque, c'est la même chose : entre le lieutenant Columbo et le criminel, l'entente est souvent tout d'abord cordiale. Jusqu'à ce point de rupture où l'assassin finit par s'agacer des apparitions incessantes du célèbre détective dans son quotidien. Et une fois encore, ça ne rate pas dans ce nouvel épisode, cinquième et avant-dernier de l'antépénultième saison de la période NBC. Cette fois-ci, Columbo est confronté pour la première fois à un magicien. Ce ne sera d'ailleurs pas la seule occasion pour le lieutenant de se frotter à un illusionniste puisque dans le premier épisode de la huitième saison intitulé Il y a toujours un truc réalisé par Leo Penn et diffusé pour la première fois le 6 février 1989 sur le territoire américain, on le verra à nouveau face à un magicien du nom d'Eliot Blake, un illusionniste se cachant derrière le supposé don de télépathe. Mais avant cela, Columbo se penche sur le cas d'un certain Jesse T. Jerome (Nehemiah Persoff), le patron d'un cabaret qui emploie le célèbre magicien Santini (référence évidente au célèbre Houdini dont le plus célèbre tour de magie est dans cet épisode, réinterprété). Ce dernier est victime d'un chantage de la part de son employeur qui exige de lui un pourcentage sur ses recettes. En effet, Jerome sait que fut un temps, celui qui se fait appeler Le Grand Santini portait le nom de Stefan Muller, un ancien nazi de la seconde guerre mondiale dont il menace de révéler l'identité si jamais celui-ci refuse de lui verser l'argent. Tout n'est qu'illusion est le quatrième et dernier épisode de la série que réalisera Harvey Hart. En vedette, l'un des interprètes les plus charismatiques de la série en la personne de Jack Cassidy qui intervient pour la troisième fois dans le rôle de l'assassin dans Columbo après Le livre témoin de Steven Spielberg en 1971 et Édition tragique de Robert Butler trois ans plus tard...


Jack Cassidy n'est pas seul à réapparaître dans la série puisque l'acteur Bob Dishy reprend son rôle de policier avec, cependant, un détail intéressant. Alors que son personnage a conservé son patronyme, son prénom n'est plus le même. On passe donc du sergent Frederic Wilson au sergent John J. Wilson. Tout n'est qu'illusion est ponctuellement nourri d'un Running gag fort persistant lors duquel le lieutenant tente d'égarer le nouvel imperméable que son épouse vient de lui offrir (encore un indice qui tente à prouver qu'elle n'existe pas que dans l'imaginaire du lieutenant car sinon, Columbo aurait-il acheté ce nouvel imperméable et se donnerait-il autant de peine pour ensuite s'en débarrasser ?). D'un bleu qui dénote totalement avec le costume habituel du lieutenant et particulièrement étriqué, cet imperméable confirme que seules quelques nuances de couleurs allant du beige au marron siéent au détective de Los Angeles. Concernant l'intrigue, elle se situe presque entièrement dans le cabaret. Entre le bureau de Jerome (un type parfaitement infecte dont la mort ne bouleversera personne), les sous-sols de l'établissement, les cuisines et la salle de spectacle servant également de restaurant et de piano-bar. Si au premier abord le cadre semble aussi étroit que peut l'être le nouvel imperméable bleu du lieutenant Columbo, il ne s'agit en réalité que d'une... illusion...


En effet, bien que l'intrigue se déroule dans des espaces conjointement réunis, Tout n'est qu'illusion propose toute une série de séquences donnant à l'ensemble une réelle vigueur. L'occasion également d'en apprendre quelque peu sur certains tours de magie mais aussi et surtout, de revoir Jack Cassidy qui périra dans l'incendie de sa maison lors de son sommeil l'année même où sera diffusé pour la première fois cet épisode de la série. On notera également la présence de l'excellent acteur Robert Loggia (Scarface de Brian De Palma, Les envoûtés de John Schlesinger) qui ne participera pas à d'autres épisodes et qui dans le cas présent interprète le rôle du chef de salle Harry Blandford. Notons également qu'à plusieurs reprises, le fiancé de la fille de Santini (Cynthia Sikes Yorkin dans le rôle de Della) réinterprète le thème du film Charade que réalisa Stanley Donen et dont le compositeur Henry Mancini fut l'auteur de la bande-originale. Tout n'est qu'illusion est dans la lignée des meilleurs épisodes de cette première période de la série. Voir évoluer le lieutenant Columbo dans un univers relativement éloigné du faste habituel a aussi son charme et sa relation avec Santini permet aux deux acteurs Peter Falk et Jack Cassidy de se confronter pour une dernière fois...

 

samedi 13 mars 2021

La Femme Oubliée de Harvey Hart (1975) 🚬 🚬 🚬

 


 

Premier épisode de la cinquième saison, La Femme oubliée (Forgotten Lady) de Harvey Hart, lequel avait déjà lui-même clôt la précédente avec l'excellent État d'esprit (A Deadly State of Mind), est un peu à l'image d'une grande partie des épisodes qui la constitueront : Morose ! Et dans le cas présent, nostalgique. En effet, on y assiste au meurtre d'un vieil homme (l'acteur Sam Jaffe) par son épouse Grace Wheeler Willis, une ancienne actrice qui rêve de retourner sous les projecteurs. Mais son mari, médecin à la retraite, refuse de financer son nouveau projet. Grace prend alors la décision de l'éliminer en lui faisant avaler un somnifère et en l'assassinant d'une balle alors qu'il s'est endormi dans leur chambre en compagnie d'un livre. Afin de se constituer un alibi, Grace fait croire qu'elle était en train de regarder l'un des films dans lesquels elle joua des années auparavant, les deux domestiques de la maison pouvant en témoigner. Une fois son mari mort et la police arrivée sur place, le médecin chargé d'examiner le cadavre estime qu'il s'agit sans doute d'un suicide. Ce que refuse de croire le lieutenant Columbo, une fois de plus chargé de l'enquête. Et cela, parce que le célèbre détective découvre en outre des indices préoccupants. Comme les chaussons parfaitement propres du vieil homme dont on croyait jusqu'à maintenant qu'il s'était rendu jusqu'à sa voiture afin de récupérer l'arme responsable de sa mort. Un élément que réfute Columbo puisque dehors, le sol humide aurait dû selon lui, laisser des traces bien spécifiques sur les chaussons...


La Femme oubliée est notamment un cas PRESQUE à part dans la série Columbo puisque pour la première des deux seules fois parmi les soixante-neuf épisodes, la coupable ne sera pas arrêtée comme cela sera le cas dix-huit ans plus tard dans l'épisode Le meurtre aux deux visages (It's all in the Game) que réalisera Vincent McEveety, le scénario étant quant à lui l’œuvre de Peter Falk. Le premier de la treizième saison dans lequel un meurtre est commis par deux femmes (une mère et sa fille), le lieutenant acceptant de laisser libre la plus jeune si la mère accepte d'avouer avoir commis l'assassinat de son amant. Mais pour l'instant nous sommes en 1975, et si Grace Wheeler Willis rêve en effet d'un retour au cinéma, les choses vont s'avérer plus compliquées qu'elles n'en ont l'air. Épaulée par son ami de longue date Ned Diamon (l'acteur John Payne), la malheureuse est en effet atteinte d'une grave maladie cérébrale dégénérative. Grace est donc condamnée. Fasciné par les stars de cinéma qu'il est amené à rencontrer durant sa carrière, le lieutenant Columbo se montrera plus que jamais tendre et chaleureux face à l'actrice vieillissante...


Bien que La Femme oubliée développe une intrigue relativement touchante, cet épisode est peut-être cependant parmi les moins intéressants de toute la première époque. Il y est diffusée une ambiance parfois si pesante qu'elle écrase l'aspect amusant qui habituellement émaille la plupart des épisodes. Véritable hommage au septième art mais sans doute plus encore à sa principale interprète, le rôle de Grace Wheeler Willis est confié à l'actrice Janet Leigh, épouse de Tony Curtis avec lequel elle donnera naissance à l'actrice Jamie Lee Curtis, rendue célèbre grâce à son rôle de Laurie Strode dans le slasher Halloween que réalisa John Carpenter en 1978. Quant à Janet Leigh, malgré une imposante filmographie cinématographique et télévisuelle, elle est surtout connue chez nous pour avoir interprété le rôle de Marion Crane dans le chef-d’œuvre d'Alfred Hitchcock, Psychose en 1960. Anecdote amusante, le film qu'est censée regarder Grace dans La Femme oubliée tandis qu'elle tue en réalité son mari s'intitule Walking My Baby Back Home (traduit chez nous sous le titre Les Yeux de ma Mie). Film qui existe réellement, puisque sorti sur les écrans américains en 1953 et principalement interprété par Donald O'Connor et..... Janet Leigh. À noter également une erreur de montage que l'on raccordera directement avec l'épisode Play Back de Bernard L. Kowalski dans lequel le lieutenant Columbo dénouait l'intrigue grâce à un objet présent sur une vidéo alors qu'il n'aurait pas dû s'y trouver. Dans le cas de La Femme oubliée, il ne s'agit pas d'une pirouette scénaristique mais bien d'une erreur involontaire. En effet, lors d'une séquence, on peut apercevoir un verre de lait posé sur la table de nuit de la victime alors que dans le plan suivant, on voit l'un des domestiques lui apporter.... Un épisode en demi-teinte...

 

jeudi 11 mars 2021

Etat d'Esprit de Harvey Hart (1975) 🚬 🚬 🚬 🚬

 


 

Dernier épisode de la quatrième saison de Columbo, État d'esprit (A Deadly State of Mind) de Harvey Hart est aussi le second qu'il réalisera après Entre le Crépuscule et l'Aube en 1974 et avant La Femme Oubliée en 1975 et Tout n'est qu'Illusion l'année suivante. Une jolie régularité et un épisode, ici, qui vient clore de belle manière une formidable saison qui accueilli en son sein, autant de vedettes du petit écran que de stars de cinéma. N'oublions pas en effet que l'on pu y découvrir notamment Robert Conrad, Patrick McGoohan ou encore Robert Vaughn, chacun interprétant un tueur aux méthodes bien différentes. Des assassins et non plus de simples meurtriers puisque chaque crime y était volontairement accompli. Pour ce dernier épisode de cette quatrième saison, le réalisateur Harvey Hart adapte une histoire qu'il a d'abord écrite avant de confier l'écriture du scénario à Peter S. Fischer. La particularité de cet épisode, et c'est d'ailleurs le seul de cette saison, est d'avoir abordé le meurtre sous l'angle de l'accident. En effet, le meurtre de Karl Donner (interprété par l'acteur Stephen Elliot qui l'année précédente interprétait un commissaire de police dans Un Justicier dans la Ville de Michael Winner, 1974) est dû dans le cas présent à un accident. En effet, constatant que son épouse est l'amante de son psychanalyste, son sang ne fait qu'un tour lorsque confronté aux deux fauteurs, il se rue sur son épouse Nadia. Le docteur Marcus Collier s'empare alors d'un tisonnier et frappe à mort le pauvre homme qui s'écroule sur le tapis du salon, mort !


C'est là qu'intervient le lieutenant Columbo. Le scénario de Peter S. Fischer dissémine ça et là tout un tas d'indices qui permettront au célèbre détective de conclure que l'attaque supposée par des voleurs n'est en fait qu'un leurre pour détourner l'attention des enquêteurs. Une surenchère qui de fait, se justifie puisque contrairement à la majorité des épisodes dans lesquels les meurtres sont calculés à l'avance, la précipitation avec laquelle le psychanalyste tente de trouver une solution pour n'avoir pas à assumer la mort de Karl Donner détermine la fiabilité de son alibi ainsi que celui de sa maîtresse. Cette dernière, comme on le verra, sera une pièce relativement faible de l'échiquier dont devra se débarrasser plus tard l'homicide. Concept novateur, l'hypnose est au centre d'une intrigue à rebondissements. Le lieutenant Columbo qui généralement est ouvert à tous types de propositions, même les plus improbables (l'homme croit en la chiromancie comme l'entérinait l'épisode Faux Témoin de Bernard L. Kowalski quatre ans auparavant, alors pourquoi pas à l'hypnose?), va donc accepter le principe et les différents éléments qu'il a récolté jusque là pour confondre le tueur...


Concernant les indices, et bien qu'ils paraissent logiques vu l'urgence avec laquelle le docteur Collier doit se constituer un alibi, on pourra leur reprocher de manquer de raffinement (une pierre à briquet et des traces de pneus comme preuve de la présence du psychanalyste sur les lieux du crime, cela fait tout de même beaucoup). Comme je l'évoquais un peu plus haut, la présence d'authentiques vedettes de la télévision ou du cinéma font une fois de plus partie du champ d'action de ce septième épisode. Et pour celui-ci, qui mieux que George Hamilton et Lesley Ann Warren pour clore cette saison ? L'assurance, l'ambition et l'arrogance de l'un. La fragilité psychologique de l'autre. Une émulation parfaite pour une interprétation sans faille. Si Lesley Ann Warren n'apparaîtra plus dans la série, George Hamilton aura quant à lui l'occasion de se frotter une nouvelle fois au lieutenant Columbo seize ans plus tard dans l'épisode Attention : Le meurtre peut nuire à la Santé de Daryl Duke. Notons également la présence de l'acteur Bruce Kirby qui durant sa longue carrière au cinéma et à la télévision, aura eu le temps de jouer dans neuf épisodes de la série en incarnant tour à tour les sergents Kramer et Phil Brindle, un réparateur de téléviseurs ainsi qu'un préposé de laboratoire. Le final, et donc la résolution de l'intrigue, est l'un de ces grands moments de la série dans lequel le lieutenant Columbo (toujours aussi formidablement interprété par Peter Falk) joue un jeu de dupe comme il en a parfois le secret lorsqu'il n'a pas toujours d'autres moyens de confondre le meurtrier...